Automobile

Essai Clio 4 RS : Docteur Jekyll et M. Hyde !

Loin des articles journalistiques qui louent le record au tour d’un circuit ou des articles à charge selon que l’on soit pro- Peugeot ou pro – Renault, je vais vous livrer un essai de la Clio IV RS dans le quotidien tout en état objectif car webmaster du Forum 208 GTi. On ne pourra donc pas taxer mon article d’être à charge sur l’une ou l’autre des sportives. Puis c’est aussi un essai et un retour d’expérience au quotidien; petite précision avant toute chose c’est une version 2015, châssis sport qui est à l’essai.

Habitabilité au top !         

Ceci étant dit, pourquoi passer de la Peugeot 208 GTi à la Clio 4 RS ? Pour des raisons familiales, j’avais besoin de 4 portes, voilà le premier point qui différencie la Clio de la 208. J’entends déjà les commentaires me dirent une sportive c’est en deux portes ; oui quel bonheur au quotidien de ne plus jouer au contorsionniste pour placer un siège auto ou un sac ! Après comme l’on dit les gouts et les couleurs cela ne se discute pas. C’est pareil à l’intérieur, les clivages sont énormes et je dois l’avouer certains plastiques sont pas très flatteurs pour ne pas dire disgracieux et le design est loin d’être une réussite pour la Clio.

Par contre la position de conduite est parfaite et les palettes tombent sous la main. Pour les grands, cette Clio offre un espace suffisant tout comme pour les places arrières, on a cette impression que la Clio est plus spacieuse que la 208. Les sièges à défaut d’être beaux et sont confortables et enveloppent parfaitement. On regrette néanmoins les sublimes Récaro de la Clio 3 RS. Dommage d’avoir sorti des sièges au design sans saveur.

Par contre la vitre arrière on oublie, on voit strictement rien ou très peu si bien que la caméra arrière s’avère très utile dans toutes les manouvres.

Du côté du R-Link malgré quelques soucis de connectivité, les services proposés sont présents et en nombre. On appréciera son ergonomie, sa réactivité et les divers menus. L’avantage de la connectivité est vraiment du côté du R-Link par rapport à un SMEG chez Peugeot qui n’évolue pas par rapport au RNEG de la 207. Même s’il reste beaucoup à faire ce R-Link est une bonne surprise et espérons que son évolution continue.

Moteur et boite c’est : Docteur Jekyll et M. Hyde !

Cette Clio c’est un peu Docteur Jekyll et M. Hyde ! Avec cette boite EDC et son « RS Drive », Renault Sport nous offre une sportive à double visage. Au quotidien, la douceur de la boite EDC et du 1.6 font merveille, c’est un réel plaisir tant la Clio se révèle polyvalente et reposante dans les divers cycles urbains. On se met en mode « Automatique » et la Clio se révèle être une parfaite voiture douce et polyvalente. Mais lorsque l’on appuye sur le bouton magique, les modes « Sport » et « Race » transforment la Clio. C’est une vraie sportive qui se réveille. Le 1.6 est volontaire, il monte dans les tours et la boite envoie les rapports à la volée si bien que lorsque l’on regarde l’aiguille on se rend compte que ça va très vite. Le couple moteur/boite font merveille et la seule déception la Clio 4 RS aurait mérité la cartographie EDC de la Trophy d’entrée de jeu. Car si la boite fait le job c’est une évidence qu’une certaine lenteur se fait sentir quand elle est repoussée dans ses derniers retranchements, c’est une cartographie qui gomme ces petits défauts sur la version Trophy et que les toutes dernières versions de la Clio 4 RS possèdent aussi.

Au rayon des gadgets, le « lunch – Control » est disponible mais en sa version dite classique la Clio a toutes les peines du monde à faire passer la puissance au sol si bien qu’après deux utilisations on arrête car ça sert pas à grand-chose tant on a l’impression de tout casser, vive l’autobloquant de la Trophy.

Une observation un mode « normal » et automatique il faut faire attention lorsque l’on reprend les rênes de la boite avec les palettes car si on change de rapport au moment ou la gestion décide de le faire c’est Ok Corral et on risque de passer de la quatrième à la sixième. Dommage que la gestion ne soit pas mieux réalisée mais pour une première avec une boite robotisée on en demandera pas trop pour une Renault Sport.

Dernier point et ce sera un peu le cri du cœur de l’utilisateur que je suis ! Plus jamais mais plus jamais mettre sur une sportive signée « Renault Sport » ce bip disgracieux à l’approche de la zone de changement de rapport. Et plus jamais aussi cette gestion électronique désastreuse qui passe le rapport supérieur dans le même temps que le bip, quel crime ! La Clio 4 RS est et reste une sportive ! De ce fait elle est faite pour amuser son conducteur et être poussée dans ces derniers retranchements ! Nous ne sommes pas dans un Koléos !

Châssis et freinage ? C’est parfait ou presque…

De ce côté-là la Clio est presque parfaite. Le freinage est bon, mordant et endurant. C’est l’un des meilleurs de sa catégorie et c’est la bonne surprise par rapport à la 208 GTi qui elle dans sa version classique a tendance à être paresseuse et du fait moins sécurisante. Pour ce qui est des trains roulants et du châssis, la Clio s’en sort bien, le train avant est précis, peu ou pas de mouvements de caisse et le train arrière est joueur tout en restant sein, la Clio est plus joueuse qu’une 208 GTi qui est-elle plus sobre et tout autant efficace. Seul regret une fois de plus et comme je le dis plus haut un autobloquant aurait été parfait, il existe mais c’est une gestion électronique qui est loin d’avoir le gain d’un véritable autobloquant. Car le point faible de cette Clio 4 RS reste le passage de la puissance au sol et avec cette boite EDC sur les deux premiers rapports il faut doser pour éviter que ça patine. Mais sinon la Clio est presque parfaite.

Pas très économique cette Clio RS !

Malgré l’apport du 1.6 Turbo, cette Clio n’est pas la reine de l’économie, bien au contraire. C’est souvent un point passé sous silence mais la Clio 4 RS est très gourmande. Je me demande d’ailleurs comment et pourquoi Renault n’arrive pas à passer en dessous de la barre des 8.5 litres au  quotidien alors que son homologue avec son 1.6 THP reste sobre et dans des consommations bien plus basses de l’ordre du litre minimum. En ville la Clio 4 RS n’aime pas ça et pour une utilisation quotidienne malgré la douceur de la boite, cette consommation importante gâche un peu le tableau pour tout dire. En mode Sport je ne vous parle même pas les compteurs s’affolent pour atteindre sans soucis les dix ou douze litres. C’est l’un des gros points noirs de la Clio, le 1.6 a remplacé le 2.0 litres atmosphérique mais les consommations sont encore loin d’être au niveau de la concurrence ! Dommage !

Alors que penser de cette Clio ?

La première des choses c’est que d’opposer la 208 GTi et la Clio 4 RS est une hérésie et une idée purement  journalistique pour vendre tant les philosophies de ces deux sportives sont différentes. Si la 208 est la sportive en talon aiguilles je dirai que la Clio 4 RS est une sportive à la carte. En fait on choisit son style avec son humeur et elle s’y adapte. Alors oui en mode « normal » ce n’est pas un foudre de guerre et c’est un peu mou, mais franchement quand on se tape vingt kilomètres de bouchon je ne vois pas bien à quoi cela peut bien servir toute la cavalerie. Alors oui j’assume je préfère une voiture un peu plus polyvalente et qui s’adapte et cette Clio est parfaite pour cela sans pour autant oublier ses gênes venus des ateliers de Renault Sport qui en font une redoutable sportive quand les besoins se font sentir. Seuls bémols à ce tableau, la relative lenteur de la boite EDC et la consommation assez élevée pour la catégorie.


Galerie photo de la Clio 4 RS


A lire aussi, le test su Coyote sur le R-Link : http://www.ftestas.com/test-du-coyote-sur-le-r-link-de-renault


 

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